Alors que les questions relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre étaient de plus en plus au centre des préoccupations des principaux mouvements de défense des droits humains de la région, les gouvernements continuaient l'année dernière de limiter fortement les droits des personnes LGBTI, tant dans la législation que dans la pratique. En Égypte, les autorités ont exercé une répression d’une sévérité inégalée depuis plus de 10 ans, poursuivant et arrêtant des personnes en raison de leur orientation sexuelle présumée après qu’un drapeau arc-en-ciel eut été déployé lors d’un concert donné au Caire, en septembre, par le groupe libanais Mashrou’ Leila, à qui il avait été interdit de monter sur scène en Jordanie quelques mois auparavant. Les forces de sécurité ont arrêté au moins 76 personnes et soumis au moins cinq d’entre elles à des examens anaux, pratique qui constitue une forme de torture. Les tribunaux ont condamné au moins 48 personnes à des peines allant de trois mois à six ans d’emprisonnement, entre autres pour « pratique de la débauche ». En octobre, un groupe de parlementaires a présenté une proposition de loi extrêmement discriminatoire réprimant explicitement les relations sexuelles entre personnes de même sexe et toute promotion publique de rassemblements, symboles ou drapeaux LGBTI. Plusieurs pays, dont le Maroc et la Tunisie, ont encore arrêté des personnes et prononcé des peines d’emprisonnement en vertu de lois érigeant en infraction pénale les relations sexuelles librement consenties entre adultes de même sexe. En Tunisie, la police a soumis des hommes accusés d’avoir des relations homosexuelles à un examen anal forcé, mais le gouvernement a accepté en septembre, dans le cadre de l’Examen périodique universel de l’ONU, une recommandation demandant l’arrêt de cette pratique. Dans d’autres pays, notamment l’Iran et l’Arabie saoudite, certaines relations consenties entre personnes de même sexe demeuraient passibles de la peine de mort.