Le maintien de la modération des salaires ces dernières années a stoppé le recul de la compétitivité des coûts et annulé certaines des pertes accumulées dans le passé. En 2016, les salaires nominaux sont restés stables par rapport à 2015, tandis qu’une inflation relativement forte a entraîné une baisse des salaires réels de 1,6 %. Il n’y a pas eu de changement dans les coûts salariaux unitaires nominaux par rapport à 2015, ce qui a conduit pour la troisième année consécutive à une relative amélioration par rapport à la zone euro et annulé certaines des pertes de compétitivité accumulées dans le passé. En 2017 et 2018, les coûts salariaux unitaires nominaux devraient augmenter de nouveau, sous l’effet d'une inflation relativement élevée. Cet aspect devra être suivi de près, car la hausse de l’inflation en Belgique tend à accroître le risque d’effets secondaires dans l’économie en raison de l’indexation automatique des salaires. Après avoir culminé en 2016, l’écart d'inflation entre la Belgique et la zone euro s’est considérablement réduit en 2017. L’écart d'inflation entre la Belgique et ses trois grands voisins (Allemagne, France et Pays-Bas) a également diminué. En 2017, le total de l’inflation a davantage augmenté dans ces pays (1,5 % contre 0,3 % l’année précédente) qu’en Belgique, mais est resté inférieur au total enregistré en Belgique. Le pic de l’écart d’inflation était principalement dû à des mesures gouvernementales qui ont temporairement gonflé le taux d’inflation en glissement annuel pour les services et, dans une moindre mesure, pour l’énergie et les produits alimentaires transformés. Selon certaines estimations (Banque nationale de Belgique, 2017d), ces catégories représentaient respectivement 1,1, 0,6 et 0,4 point de pourcentage de l’inflation globale entre 2015 et 2017. L’électricité a largement contribué à accélérer l’inflation en 2015-2017 et, partant, à creuser l’écart d’inflation. L’inflation en Belgique est plus sensible aux variations des cours mondiaux du pétrole, en raison du faible niveau d’imposition forfaitaire (accises) sur le mazout et de son poids plus important dans les modes de consommation d’énergie. Ce facteur a atténué l’écart d’inflation en 2015 et 2016, alors que les prix du pétrole étaient en baisse, mais il l’a creusé au début de 2017.